05 décembre 2005

Enfin ! ça sent le propre.

Wao ! Qu'est ce que j'ai bossé hier ! Oui, je sais depuis quelques jours c'est ce que je répète ici. Mais c'est vrai. Ce bateau me demande une énergie incroyable. Nous sommes partis à sept heures du matin, Maxou, Isidore et moi. Nous avons chargé l'annexe de tous ce dont nous aurions besoin pour la journée et nous voilà en direction de Kouros. Là en montant à bord, j'ai déjà une monté d'adrénaline qui m'envahie. J'avais laissé Kouros impeccable, j'avais tout
rangé, pour que nous puissions travailler dans le meilleur confort possible. Oui c'est déjà pas grand alors si en plus il y a du désordre, on s'en sort plus. Max est malheureusement venu faire quelques bricoles sur le moteur. Voilà que je retrouve le carré de Kouros jonché de bidon d'huile, des outils éparpillés de ci, de là. Il avait eu besoin de sa boite à outil et pour la trouver il a mis sans dessus dessous la cabine arrière dans laquelle j'avais stocké tout ce qui nous gênait, pour y voir clair il avait posé le tout dans le carré. Donc ma chère Océane, vous n'avez qu'à vous y remettre. Allez ! Faut re-ordonner encore. Bon je m'y mets, pendant la petite demie heure que nous naviguons vers l'île de Saboga pur nous mettre à sec, je range… Je me rends compte aussi que mon optimisme me joue parfois des tours... Il reste encore beaucoup à faire, je pensais terminer le vernissage et la peinture aujourd'hui, mais je ne pense pas
que ce sera possible. Mais bon ! Il faut s'y mettre.Nous arrivons sur la plage, le bateau se pose délicatement sur le sable tandis que la marée continue de descendre. Kouros est maintenant immobile et il sera beaucoup lus facile de travailler. Je monte sur le pont et là comme à chaque fois que je regarde le paysage, je me dis que j'ai une chance inouïe de vivre dans un cadre comme ça. (Enfin il faut aimer la mer bien sur). J'ai sous les yeux un ciel pur, d'un bleu
intense et juste quelques petits nuages blancs viennent s'y greffer par endroit, comme un voile de soie. La couleur de l'eau va du turquoise près du bord jusqu'au bleu outremer vers l'horizon. Quelques petits îlots se détachent et ils sont bordés d'une frange de sable d'un blanc lumineux. Oh que c'est beau! Bon c'est pas tout il faut s'y mettre. Je profite que nous sommes à sec pour déployer sur la plage une grande bâche sur laquelle je vais déposer les tiroirs, les portes, les étagères, enfin tout ce qui peut se sortir, pour les laver et les peindre au soleil. Voilà chose faite, lorsque quelques bambins viennent me voir, curieux. J'entame avec eux une petite conversation, je réponds à leurs questions. Ils veulent monter à bord, mais aujourd'hui il y a trop de travail et la visite de Kouros n'est pas recommandée. Je leur promets que lorsqu'il sera
propre je reviendrai et ils pourront visiter. Ils restent avec moi un bon moment. J'ai beaucoup de plaisir à voir ses enfants qui jouent avec un rien, un morceau de bois devient soudain un superbe bateau dans leur imagination, et ils prennent plaisir à courir sur le sable, ils sont heureux, pauvre mais heureux, ils ont l'insouciance de leurs jeunes années. Un grand sourire accroché à leur visage, ils sont superbes. Ils veulent m'aider à laver ce que j'ai sorti. Ok, au boulot ! Vers midi et demi nous faisons une pause, il nous faut reprendre des forces. Je m'aperçois que nous n'avons presque plus d'eau, il fait très chaud et nous avons déjà consommé les trois litres que j'avais emportés. Les gamins sont toujours là, je leur demande alors s'il peuvent me rapporte de l'eau. Ils sont ravis de pouvoir rendre service et les voilà partie au village tout proche pour me remplir les bouteilles. Ils reviennent avec, et en plus ils m'ont apporté de l'eau fraîche. C'est super. J'aime ce contact avec les gens, ces échanges me remplissent toujours de bonheur. On est loin du stress des grandes ville, les rapports avec les autochtones est simple, amical. Pourtant à ce moment là je suis un peu découragée, il me semble que jamais nous arriverons à mettre se bateau impeccable comme je le souhaite avant l'arrivée de Amor le 28 décembre. Alors je ne prolonge pas trop la pause, je m'y remets et Isidore me suit dans la besogne. Maxou a gratté la coque ce matin et cet après midi il s'en va marcher
autour de l'île. Isidore et moi continuons à travailler. Vers 16 heures nous sentons l'eau venir faire des clapotis contre la coque, la marée remonte. Je regarde alors le travail accompli. C'est pas mal, nous avons bien avancé. La cabine avant est complètement terminée. Le carré est verni en totalité aussi, le sol est prêt, pas encore posé, mais prêt. Nous rangeons encore, l'espace est vite envahie et le rangement est primordial. Nous reprenons la mer vers 17 heures pour rentrer à la maison.
Amor est allé au salon Nautique de Paris aujourd'hui. J'en suis heureuse pour lui parce qu'il s'est plongé dans l'univers de son rêve. De plus au salon il a rencontré un français qui vit ici depuis une dizaine d'années, il voyageait en bateau et il est tombé amoureux du coin. Il est dans un autre archipel voisin, il propose des charters. Ce monsieur est en ce moment a Paris pour faire la promotion de son activité. Amor était heureux de discuter avec lui, ça l'a rapproché de son rêve. Le soir il me téléphone et nous échangeons nos ressentis sur la journée. Il est heureux, j'aime l'entendre enthousiaste. Il a eut un peu la même pensée que moi. Il a observé les parisiens dans la rue et s'est fait la réflexion sur leur mode de vie, leur stress, leur agitation engendrée par la vie trépidante. Il me dit qu'il a pensé à ce moment là à moi dans ce pays où la vie est encore douce et sereine. Ce matin je me lève avec quelques courbatures, mais reposée. J'ai bien dormi et demain j'irai à la capitale pour y chercher les coussins, le tapissiez m'a dit qu'ils sont prêts. Jeudi je retournerai sur Kouros, et Dimanche prochain aussi. Je pense que dimanche tout sera fini à l'intérieur. Il restera à s'occuper du pont et de la coque.

LES ENFANTS..............................LA TABLE A CARTES